Interview ARGIA au Collectif des Prisonniers Politiques Basques

Cet article est également disponible en : Basque

eppk

Interview avec EPPK (Collectif des Prisonniers Politiques Basques)

« Tourner le dos à la lutte, se repentir et dénoncer nos camarades sont les lignes rouges que nous ne dépasserons pas.  »

Marixol Iparragirre et Mikel Albisu, sont deux porte paroles du Collectif des Prisonniers Politiques Basques qui avaient fait la demande de participer à la conférence humanitaire pour la paix au Pays Basque du 11 juin qui s’est déroulée à l ‘Assemblée Nationale. Argia a pu s’entretenir avec eux par le biais d’un questionnaire.

Quel était le message que vous vouliez faire parvenir à la conférence de paix qui s’est tenue le 11 Juin a Paris ?

Mikel Albisu : Le message que EEPK (Collectif des Prisonniers Politiques Basques) voulait faire parvenir est arrivé par la voix de Gabi Mouesca, notre message a donc été présent à la conférence. La présence physique du Collectif aurait pu apporter autre chose. D’un côté cela aurait représenté une volonté de changement de la part du gouvernement français. Le fait d’accepter notre présence aurait signifié un geste important dans le sens de la résolution du conflit. Il est cependant évident que le Gouvernement français maintient une toute autre attitude. Il suffit de regarder les opérations policières, les fortes peines imposées par les tribunaux ou encore la politique carcérale.

Marixol Iparragirre : D’un autre côté, si les porte parole du Collectif avions été présents, nous aurions eu l’occasion d’exprimer directement notre engagement et notre volonté dans la résolution du conflit, et bien entendu, nous aurions pu recueillir l’opinion et les propositions des différents acteurs et citoyens présents pour ensuite les faire parvenir aux autres membres du Collectif.

Quelle bilan faites-vous de la Conférence ?

M.I. : Il est très positif. Selon nous, le fait même que la conférence ait eu lieu est un succès. De plus, nous pensons que les déclarations qui ont été réalisées ainsi que les appels faits à l’État français pour qu’il s’engage dans la résolution du conflit sont appropriées.

Est-ce un hasard si dernièrement, dans la voie de la résolution du conflit, les avancées les plus significatives proviennent du pays Basque Nord et de l’État français ?

M.A. : Il est évident que la classe politique et la société du Pays Basque Nord a su répondre positivement et de manière généreuse à la nouvelle situation que vit Euskal Herria (Pays Basque) Néanmoins, l’État français s’aligne encore et toujours avec l’État espagnol, sans s’adapter à la nouvelle situation.

Les demandes de rapprochement dans les prisons proches du Pays Basque vous ont été refusées ou sont restées sans réponse. Où en est cette affaire ? Quelles voies envisagez-vous pour débloquer la situation ?

M.I. : Contrairement à l’Espagne, la France ne nous a pas fait parvenir de réponse définitive. Après une année passée sans réponse, ils nous ont demandé de préciser notre requête car à part la petite prison de Bayonne, la France n’a pas de prison au Pays Basque. De ce fait, nous demandons à être réunis dans la prison la plus proche du Pays Basque, celle de Mont de Marsan.

M.A. : La situation actuelle correspond à deux logiques qui s’entre-choquent. Au Pays Basque nous sommes dans la logique d’avancer dans la résolution du conflit, dans une logique de « gagnant-gagnant », même si les intérêt de certains partis politiques font que nous avons des difficultés à mettre en place ce schéma. En revanche la France et l’Espagne parient sur la pérennisation du conflit, c’est-à-dire sur une logique de « gagnant-perdant ». Ainsi, tant que les États nous maintiendrons dans cette situation, le Collectif aura de grandes difficultés pour définir sa position, alors que le processus de résolution du conflit au Pays Basque exige un autre type d’initiative.

Pendant ce temps, les juges français continuent de refuser les demandes de libération conditionnelle.

M.I. : Les décisions judiciaires françaises sont scandaleuses. Lorsqu’il s’agit de la liberté conditionnelle, ils ont le même discours que la droite espagnole, ils s’affichent comme les serviteurs de l’Espagne.

Dans un tel contexte l’amnistie est-elle possible ?

M.I. : Pour nous, l’amnistie suppose de surmonter les raisons qui nous ont menés en prison et qu’en conséquence il n’y ait plus de prisonniers et d’exilés politiques. La mise en place de l’amnistie est entre les mains des deux États qui soumettent Euskal Herria. En octobre 2011 le pays Basque est entré dans une nouvelle ère. Il est notoire que l’Espagne n’apprécie pas le nouveau contexte apparu après qu’ETA soit entré dans une nouvelle phase et que comme elle ne peut pas répondre à la situation créée par la crise économique et par le processus indépendantiste de la Catalogne, elle a décidé de maintenir le statu quo. Pour que l’amnistie soit possible, il faudrait qu’un changement s’opère au niveau de l’État, mais comme nous l’avons dit, l’amnistie ce n’est pas la libération de prisonniers. C’est une situation que nous avons déjà connu lors de la fin de la dictature. Nous devons avancer pas à pas, pour commencer en accumulant des forces et en structurant au Pays Basque une majorité sociale qui est opposée à l’exil et la dispersion.

Considérez-vous que le programme Hitzeman que propose le Gouvernement Autonome Basque pour le Prisonniers Politique Basques est une avancée ?

M.I. : Le collectif avait déclaré que dans la proposition faite par le Gouvernement Basque il existait des points pouvant mener à une convergence et à un accord avec tous les acteurs qui cherchent à résoudre la situation dans les prisons. Nous pensons tout de même, qu’avant d’arriver à un accord, il existe aujourd’hui des initiatives qui peuvent être menées, sans que la condition ne soit l’humiliation de ceux qui sommes en détention. La collaboration et l’attitude docile envers l’État espagnol qui affiche une volonté sans faille pour continuer à bafouer les droits des citoyens basques sont révélatrices.

La solution pourrait venir d’une libération individuelle gérée de manière collective.

M.I. : La solution réside dans la volonté de résoudre le problème. EPPK a déjà fait des démarches et, tant qu’il s’agira d’avancer dans la résolution du conflit, il se déclare disposé à faire tout ce qu’il sera nécessaire. Comme dans d’autres processus, notre libération devra se faire de manière échelonnée et dans un laps de temps raisonnable. De plus nous avons approuvé que cette libération se fasse dans le cadre de la loi. L’importance de ce positionnement n’est pas suffisamment soulignée : car ce qui nous a menés en prison n’est pas une responsabilité individuelle mais collective, bien que les États français et espagnol les individualisent lorsqu’ils nous punissent.

Comment peut-on espérer une libération échelonnée si les états ne respectent pas leurs propres lois ?

M.A. : Il faut préciser qu’avec les lois qui sont actuellement en vigueur en France et en Espagne nous ne serons pas libérés. Il faut abroger ces lois qui lors de ce conflit ont été modifiées et endurcies en réponse à ce dernier. Mais alors qu’une des parties a cessé les hostilités, dans les tribunaux la vengeance et la haine s’est institutionnalisée.

Puisque nous parlons de tribunaux, le Tribunal suprême espagnol a décidé de ne pas décompter les années passées dans les prisons françaises, et d’autre part il affirme que les déclarations réalisées au commissariat ne sont pas une preuve suffisante pour pouvoir condamner quelqu’un. Quelle analyse politique faites-vous ?

M.I. : C’est une autre preuve de ce que nous affirmons. Au lieu de se servir des lois européennes pour avancer dans la résolution du conflit, l’Espagne fait tout ce qu’elle peut pour maintenir les militants en prison aussi longtemps que possible. Le fait qu’avec les temps on lui donne tort lui importe peu. Cependant les réprimandes venues dernièrement d’Europe ont fait leur effet, mais ce n’est pas suffisant. Combien de citoyens basques ont été condamnés sur des preuves basées sur la torture ? Et nous savons que les séances de tortures continuent lorsque l’on est présenté devant le juge, car les tortionnaires vous ordonnent de ratifier ces déclarations devant le juge.

Le fait que la question des prisonniers ne soit pas en tête de l’agenda vous préoccupe-t-il ? Avant, ne parlions-nous pas plus du conflit que nous ne parlons maintenant de la résolution ?

M.A. : C’est intentionnel. Dans les conflits que nous prenons pour référence, en Afrique du Sud et en Irlande par exemple, nous voyons que les combattants qui étaient en prison ont joué un rôle essentiel dans la résolution. Et aussi bien l’État Sud Africain comme le Gouvernement Britannique ont eu le courage de franchir des pas dans ce domaine. C’est une des raisons qui font que nous n’avançons pas dans la recherche de solutions pour le conflit basque, ils ont enlevé la question des prisonniers de l’agenda de résolution pour l’inscrire dans l’agenda de la pérennisation du conflit. Ce sont la Gauche Abertzale et les forces souverainistes qui avaient entamé la voie de la résolution ; les états refusent d’avancer dans cette voie et certaines forces, qui au début s’y étaient rapprochées, se sont défilées. Ils pensent certainement que lorsque le conflit sera résolu, que le Pays Baque aura récupéré ses droit fondamentaux, les intérêts qu’ils ont maintenus par la répression seront en danger.

Veulent-ils vous convertir en un poids pour la Gauche Abertzale ?

M.A. : Il semblerait que ceux qui sont contre la résolution veulent atténuer l’espoir créé au début du processus en attachant un boulet à chaque pied de la Gauche Abertzale : le désarmement d’ETA et les prisonniers. Ils se servent des ces deux affaires pour fermer les portes à la solution. Pour trouver une issue à cela, au delà des actions unilatérales, la participation des États est indispensable. Ils utilisent également la question des victimes, qui est une autre conséquence du conflit.

ATA, les résultats électoraux… il semblerait que dans la Gauche Abertzale il y ait des remous. Comment le vivez-vous ?

M.I. : Avec inquiétude et impuissance, mais aussi dans l’ignorance. Les prisonniers politiques basques nous sommes plus que jamais les otages des États. Pour faire face à la manipulation des médias espagnols et français, notre principale et presque unique source d’information c’est la presse basque que nous recevons tardivement. Les visites que nous recevons sont surveillées, nous sommes harcelés dans nos cellules, ceux qui viennent nous soigner, nos familles et nos amis, nos avocats, sont tous dans le point de mire des États. Selon nous cela démontre à quel point la question des prisons est un enjeu important. Quand le conflit était à son apogée la contribution du Collectif a été de résister, et il a résisté dans des situations très dures. Dans la nouvelle configuration, pour pouvoir contribuer au processus, nous devons modifier ces outils qui jusqu’à présent nous étaient nécessaires.

M.A. : Dans tous les cas il faut traiter la question des prisonniers avec responsabilité. Nous sommes inquiets de voir qu’il y a une tendance à utiliser le Collectif et également à aller vers les prisonniers dans le but d’en tirer profit. Nous devons nous rassembler au lieu de nous disperser. L’unité entre ceux qui sont prêts à lutter et à travailler pour les prisonniers est nécessaire, car nous aurons besoin de toutes ces forces et bien plus encore. Le Collectif a besoin d’interlocuteurs afin de pouvoir s’unir à la société basque. Nous avons tous besoin d’un interlocuteur.

Tous les prisonniers sont-ils égaux ?

M.A. : Tous les prisonniers sont égaux et il n’y en a pas deux qui se ressemblent. Tous les membres du Collectif, quel que soit le niveau d’engagement qui nous a menés en prison, sommes égaux. Nous sommes tous incarcérés pour notre implication en faveur d’Euskal Herria. De la même manière que nous devons dire haut et fort que tout n’est pas ETA, nous devons dire que tous les membres du Collectif nous luttons pour le mêmes objectifs.

 

Si les objectifs de votre lutte sont politiques, comment se fait-il que vous soyez de plus en plus considérés comme des « prisonniers » et non pas comme des « prisonniers politiques » ? Pour vous, que suppose le fait de nier ce statut politique ?

M.I. : Oui nous avons pressenti cette tendance à écarter cette dénomination, mais nous ne connaissons pas la raison de cela. Nous ne pensons pas que la perte de cette appellation fasse disparaître la nature politique du Collectif ; mais il serait inquiétant pour nous si derrière cela se cachait la volonté de la faire disparaître. Comme nous le disions, les membres de EPPK sommes incarcérés pour différentes raisons, il nous semble que l’appellation la plus appropriée est elle que nous avons utilisée jusque là. De toute façon, ni les États, ni les reste des prisonniers en détention, ni les surveillants ne mettent en doutent notre nature politique.

Contrairement aux prisonniers d’autres conflits, vous n’êtes pas considérés comme des victimes. Êtes-vous des victimes ?

M.I. : Non, nous ne sommes pas des victimes. Comme nous l’avons déjà affirmé nous sommes des militants politiques. Cela ne signifie pas que dans ce conflit nous et nos proches nous n’ayons pas subi de préjudice. Beaucoup d’entre nous ont été torturés, nous avons perdu des proches, cela fait des années que nous sommes loin de notre pays et de notre entourage et nous n’avons aucune possibilité d’organiser notre vie avec nos proches.

Qu’avez-vous à dire aux victimes de ETA ?

M.A. : C’est un sujet très sensible. Dans ce conflit nous avons tous souffert. Une des conséquences de la résolution du conflit doit être qu’il n’y ait plus de victimes causées par l’affrontement armé. Le fait que ETA ait cessé définitivement son activité armée contre l’Espagne, a indéniablement apporté la tranquillité pour tous ceux qui étaient dans sa ligne de mire. Cependant, du côté des États espagnol et français aucune mesure équivalente n’a été prise.

M.I. : Il ne correspond pas à EPPK de s’exprimer sur les victimes du conflit. D’une part le collectif n’a fait de tort à personne. D’autre part comme disait Pablo Gorostiaga, malheureusement membre du Collectif jusqu’à il y a peu, à qui doit-il demander pardon ? À qui doit demander pardon Salutregi, directeur d’Egin (journal basque fermé par la justice espagnole) encore en prison ? Et il existe bien d’autres cas. De plus la déclaration effectuée par EPPK le 28 décembre 2013 est passée sous silence : « Nous reconnaissons que le conflit a généré de part et d’autre, beaucoup de souffrance et de douleur ». Mais nous devons surtout prendre en compte que les militants qui sommes en prison nous sommes otages des États ; mettre comme condition préalable à notre libération de se repentir et de demander pardon pour ce que nous avons fait revient à faire le contraire de ce que nécessite une réelle solution. Il faut sérieusement reconnaître et prendre en compte la souffrance subie de part et d’autre, et il nous semble que c’est un exercice qu’il faut sortir du milieu carcéral et l’appliquer à la société.

Que pensez-vous des initiatives et des rencontres entre victimes de différents bords organisés dernièrement ?

M.I. : Pour la société basque, il est indispensable de faire face à ce qu’il s’est passé. Le fait qu’encore aujourd’hui les morts de la guerre de 36 soient déterrés nous enseigne qu’il faut panser les blessures. Ce sont toutes des rencontres différentes, ce sont des tentatives qui selon nous partent d’un bon sentiment. Néanmoins, les États continuent à engendrer la souffrance. Tant que ces rencontres entre les victimes du conflit aideront à l’acheminer vers une solution elle seront bénéfiques.

Avez-vous l’impression que dans la résolution du conflit votre passé et votre identité sont niées ?

M.A. : C’est l’objectif de l’État espagnol. Il veut forcer la Gauche Abertzale à se renier, il veut l’empêcher d’avancer et réduire l’analyse du passé au schéma gagnant-perdant. Certains acteurs qui ces dernières années ont trouvé des excuses et entravé l’avancée de la résolution du conflit aussi sont dans cette configuration là. De plus la Gauche Abertzale n’est pas libre de s’exprimer car elle ne peut donner son avis sur le passé sans craindre la répression.

Avez-vous peur de l’oubli ?

M.I.: Absolument pas.

Comment active-t-on la société alors qu’il est de plus en plus difficile de le faire ?

M.A. : Il n’y a pas de formule magique. En militant, en s’engageant, en échangeant avec les gens, en réfléchissant, en adaptant nos méthodes et nos propositions aux nouvelles circonstances de cette société qui change, en innovant en permanence. Un processus de libération est en soit un processus innovateur, car il a pour but de changer et si possible de révolutionner la société.

Dans ce processus jusqu’où peut aller l’unilatéralité ? La société est-t-elle consciente de ce que cela suppose pour vous ?

M.A. : L’unilatéralité nous mènera jusqu’aux portes des prisons. À partir de là nous serons bloqués. Le chemin qui mène à l’autre côté de la porte devra être parcouru par la société. Nous ne cherchons pas à sortir de prison, nous voulons que notre travail de militant continue à se développer dans la société avec des moyens et des attitudes adaptés à la nouvelle situation.

M.I. : Les États ont toujours pensé que les prisonniers nous sommes le maillon faible et qu’en s’attaquant à nous et en nous brisant viendrait la défaite de la Gauche Abertzale et que la fin du processus de libération du peuple basque serait à leur portée. Durant toutes ces années nous leur avons prouvé combien ils avaient tort. Jusque là, notre position a été de résister, mais dans la nouvelle configuration, en plus de continuer à résister, nous sommes également déterminés à contribuer positivement au processus de paix.

Entre temps, l’« Audiencia Nacional espagnole » a convoqué les familles de prisonniers politiques basques.

M.I. : Cela met en évidence la volonté de faire mal, car leur vulnérabilité punie également les prisonniers. Ils les ont d’abord convoqués à Intxaurrondo et La Salve, ces lieux terrifiants où bon nombre d’entre nous et de milliers de citoyens basques ont été torturés. Et maintenant, ils les convoquent chez le juges qui ont exploité ces tortures pour nous condamner. Est-il légitime qu’ils puissent faire ce qu’ils veulent avec nos familles et nos proches ? Qui va les protéger ? Nous devrions nous demander si cette politique de provocation et de châtiment se terminera un jour, et quand, comment et qui y mettra fin.

Les partis espagnols ainsi que le PNB affirment cependant, qu’en empêchant ses membres d’entreprendre d’autre voies c’est EPPK qui les maintient en prison.

M.A. : Il y a 26 ans, le PSOE et le PNB ont utilisé la même excuse pour promouvoir l’exil et la dispersion. Voyant que cela n’a rien donné, n’est-il pas le moment d’entreprendre le chemin inverse ? Nous réunir dans une seule prison du Pays Basque pour que nous puissions avoir des rapports avec les différents agents sociaux et qu’ensemble nous puissions échanger et décider en toute liberté.

À l’avenir quelles étapes êtes-vous disposés à franchir ? Quelles sont les lignes rouges ?

M.I. : Nous sommes des militants et nous nous sommes engagés dans la lutte pour la liberté sociale et nationale de notre peuple. Dans ce but, nous avons toujours été prêts à faire tout ce qu’il fallait. La situation a changé, et même si dans les conditions dans lesquelles nous nous trouvons c’est très difficile, nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous adapter à la nouvelle situation. Pour pouvoir avancer dan cette voie nous avons besoin d’aide, car les États nous ont déportés et dispersés pour que nous ne puissions pas être près de nos concitoyens, pour que nous ne puissions pas puiser dans la nouvelle réalité que connaît le Pays Basque, pour que nous ne puissions pas débattre entre nous et prendre les décisions que les temps nouveaux exigent. Ils cherchent encore et toujours à créer entre nous des malentendus pour ainsi pouvoir nous diviser.

M.A. : Tourner le dos à la lutte, se repentir et dénoncer nos camarades sont les lignes rouges que nous ne dépasserons pas.