AVANCER VERS LA RÉSOLUTION

Cet article est également disponible en : Basque

Le 9sare-bagoaz5 Janvier prochain, nous marcherons, nous avancerons ensemble. Certains à Bayonne et d’autres à Bilbao. À la même heure et pour les mêmes objectifs.

De La Guardia à Donibane, de Karrantza à Arrasate, de Tutera à Maule et jusqu’au fin fond du Pays Basque, la société basque assume ses engagements et elle avance d’un pas ferme et décidé la résolution du conflit et vers la paix.

La Conférence de Paix d’Aiete (2011) avait ouvert les portes au dialogue pour que les contributions des uns et des autres, pour que la volonté de ceux qui à Madrid et à Paris sont au pouvoir, nous mènent à résoudre toutes les conséquences du conflit. Quatre ans se sont écoulés depuis qu’ETA décidait de mette fin à son activité. C’est ce que la déclaration d’Aiete lui demandait. A l’inverse, la réponse donnée par Madrid et Paris est à des lieues de ce qu’exige la majorité de la société basque.

Certes il y a eu d’importantes avancées en faveur des droits de l’Homme, de la résolution et de la paix. On peut parler de l’initiative du Forum Social, de la proposition annoncée par le Secrétariat pour la Paix et le Vivre ensemble du Gouvernement Autonome Basque, des contributions faites par le Collectif des Prisonniers Politiques Basques (EPPK) ou par le Collectif des Exilés Politiques Basques (EIPK), de la déclaration de Bayonne (2014) ou de la déclaration de Paris (2015).

Toutes ces démarches, nous ont permis d’avancer dans une même voie remplie d’espoir.

Ces initiatives n’ont cependant pas suffi à faire bouger les gouvernements français et espagnol. Ils continuent de bafouer les droits des prisonniers basques, voilà l’unique réponse donnée aux efforts que nous, citoyens du Pays Basque, a avons fourni pour la paix.

Nous pouvons tout de même considérer que les déclarations de Christiane Taubira, ministre de la Justice française, supposent un demi pas en avant, mais il faudrait la voir passer des paroles aux actes pour pouvoir parler d’avancée.

Il est temps que le dialogue succède à la répression, pour que la générosité et l’espoir prennent la place de l’affrontement et de la haine. Il est temps d’avancer et de dépasser le blocage des gouvernements.

Sare et Bagoaz, nous sommes l’expression d’une société organisée dans la défense des droits fondamentaux des prisonnier(e)s, exilé(e)s et des déporté(e)s, nous voulons marcher ensemble afin d’atteindre nos objectifs communs : la fin de la dispersion des prisonniers basques, la libération des prisonniers gravement malades, l’application des libérations conditionnelles. Nous voulons en finir avec les législations d’exceptions, qui condamne de façon définitive les prisonniers et nous voulons aussi en finir avec l’interprétation de la loi qui rend possible une pratique interdite par l’Europe : le fait de ne pas comptabiliser les années de prison effectuées dans un autre pays. Enfin, ce que nous voulons, c’est le retour de tous-tes les prisonniers et de tous-tes les exilées dans le cadre du processus de paix.

Il ne fait aucun doute qu’une évolution dans la politique carcérale, qui appliquerait les lois et règlements en vigueur, serait une avancée vers la résolution. En effet, la politique carcérale actuelle est un des obstacles pour progresser dans la recherche d’une paix juste.

Nous n’adoptons pas d’attitude partisane. Nous défendons uniquement un concept universel qui se base sur le respect des droits humains pour tout le monde et, par conséquent, nous défendons les droits de ceux et celles qui sont privé(e)s de leur liberté.

Nous voudrions que tous ceux qui pensent que la défense des droits humains est au dessus de toute idéologie politique soutiennent l’alliance stratégique que nous avons convenu entre Sare et Bagoaz.

Le 9 Janvier prochain, nous marcherons, nous avancerons ensemble. Certains à Bayonne et d’autres à Bilbao. À la même heure et pour les mêmes objectifs.

Ce que nous voulons, c’est la paix.

Nous appelons à participer massivement aux deux manifestations, avec l’objectif d’un avenir meilleur pour les futures générations.

Sans haine, sans soif de vengeance, avec la volonté de créer une société plus humaine, avec la volonté de construire un avenir où les droits humains seront enfin respectés.