Perpétuité réelle pour les prisonniers basques, le triste bilan du gouvernement socialiste

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Manifestation le 25 mars à 17H Bayonne.

En avril Jakes Esnal, Xistor Haranburu, Ion et Unai Parot serons détenu depuis 27 ans, alors qu’ils remplissent toutes les conditions à leurs libération.

Ces derniers mois et années, à l’exception de Lorentxa Guimon qui pour des raisons de santé a été libérée, toutes les demandes de libérations conditionnelles ont été refusées. Lorentxa Beyrie, Jakes Esnal, Txistor Haranburu, Jon Kepa Parot, lui est en attente d’une réponse pour sa 5 ème demande etc… auraient pu être libérés et de retour auprès des leurs, cependant aujourd’hui ils sont toujours incarcérés.

Toutes ces réponses négatives, et les procédures qui les ont précédées, ont été analysées, quelques conclusions s’imposent :

  1. les dossiers de demandes de libérations conditionnelles présentés par ces prisonniers et leurs avocats sont bien montés, toutes les conditions juridiques et pratiques requises sont remplies (travail, logement, etc…). Les prisonniers qui ont fait ces demandes remplissent toutes les conditions imposées par la loi. Les raisons de ces refus sont à chercher ailleurs.

  2. Dans les délibérés pris par les juges et tribunaux en charge de ces dossiers des arguments politiques sont à la base de ces refus. Il est reproché à ces prisonniers d’être des militants indépendantistes, de ne pas avoir pris de distance avec l’ETA ou encore que l’ETA n’ait pas déposé les armes. A des demandes d’aménagement de peines prévues par la loi, et pour lesquelles toutes les conditions juridiques sont remplies, des arguments politiques sont à l’origine de ces refus. Ces tribunaux et juges d’exception (c’est une juridiction spéciale qui gère les peines des prisonniers politiques basques) ont fait le choix de refuser systématiquement toutes ces demandes, nous sommes face à une posture pensée, assumée et planifiée.

  3. Durant ces procédures le parquet, structurellement lié au ministère de la justice, a une attitude des plus rétrogrades. Pour tous les cas, y compris pour celui de Lorentxa Guimont, il demande le maintien en détention, et quand une décision est positive il fait systématiquement appel, même quand la personne concernée est gravement malade, nous faisons encore référence à Lorentxa Guimon qui a dû passer deux mois de plus en détention du fait que le procureur ait fait appel à la première décision qui actait sa libération.

  4. Les nouvelles lois prises dans le cadre de l’état d’urgence durcissent les conditions pour les libérations conditionnelles, ces nouvelles lois sont défacto appliquées aux prisonniers basques, et actuellement Ion parot en fait les frais, car sa réponse a été repoussée à cause de ça.

En tenant compte de ces éléments, nous pouvons conclure que seuls des arguments politiques sont à l’origine de ces refus. Certains pourraient croire, ou vouloir faire croire, que la bataille de l’obtention des libérations conditionnelles pour les prisonniers basques est juridique et que la justice, y compris le parquet, est indépendante. Nous, nous ne sommes pas de ceux là. Qui peut croire aujourd’hui, encore plus depuis que la France est la cible de trés graves attentats, que la justice anti-terroriste est indépendante? Ce qui fait, entre autres, la spécificité d’une justice d’exception est qu’elle est aux ordres du pouvoir et qu’elle est prête à assumer toutes ses décisions, y compris ses dérives. Ce que les prisonniers politiques basques subissent aujourd’hui en est un exemple.

Le gouvernement socialiste en place à Paris est le responsable de cette situation, sans aucun doute. S’il avait souhaité faire évoluer la situation des prisonniers basques, il l’aurait fait, il ne l’a pas voulu et est resté aligné sur le gouvernement Madrilène, un des plus réactionnaires aujourd’hui en Europe.

Nous aimerions aussi parler de la situation de Unai Parot condamné à 30 ans pour la même affaire et 10 ans de plus pour une autre en espagne. Il a demandé d’être transféré en france dans le cadre d’un rapprochement familial qui a été refusé, il a fait un recours.

Le bilan est là, pas un rapprochement, pas une libération conditionnelle. Ce bilan est terriblement négatif, pour le moment ce gouvernement n’aura pas eu le courage politique de saisir l’opportunité du processus de paix.

Jakes Esnal, Txistor Haranburu et Jon Kepa Parot ont, les trois, essuyé des refus à leurs demandes de libérations conditionnelles, ils vont entamé leur 28è année de détention. Aujourd’hui, sur l’ensemble des prisonniers basques incarcérés en France, ce sont les prisonniers politiques basques qui ont passé le plus d’années en détention et ils avaient écopé d’une peine plus lourde qu’en espagne. Le gouvernement actuel est responsable de cela, il pourra l’inscrire dans son bilan, il aura mis en pratique à l’encontre des prisonniers basques une forme de perpétuité réelle.

L’actualité de ces dernières semaines en Pays basques a été riche, l’initiative de louhoussoa a donné un nouvel élan au processus de paix sens aucun doute, nous espérons donc un changement immédiat avant la fin de ce mandat à l’égard des prisonniers politiques basques. Des rapprochements, des libérations conditionnelles, la libération de Ibon ferandez Iradi et Oier Gomez gravement malade, nous demandons l’application de la loi.

Dans ce sens et afin d’appuier ces revendications nous organisons une manifestation le 25 mars dans les rues deBayonne à 17h.